Musicologue spécialiste du mouvement free party, Guillaume Kosmicki est revenu pour i-D sur l’évolution de la techno, de son essence à ses dévoiements.

« Le boum boum est fédérateur, il structure l’architecture sonore » : Guillaume Kosmicki vit la techno comme un raveur mais quand il la pense, c’est avec une rigueur toute universitaire. Au début des années 1990, alors que les raves débarquent en France et qu’il achève sa licence en musicologie, il découvre un univers dont la singularité le frappe immédiatement : la fête n’a plus de durée, de scène, ni de lieu attitré. Il en parle à l’un de ses professeurs, qui saisit l’intérêt du mouvement naissant et l’incite à en faire le sujet de ses recherches. C’est le début d’une longue immersion dans les fêtes qui célèbrent la diffusion d’une nouvelle musique, la techno. Rapidement victimes de leur succès, raves et free parties mettent en avant un son différent et de nouvelles pratiques festives qui ne manquent pas d’attirer la curiosité des jeunes. La machine médiatique s’emballe, les décibels s’amplifient et alors qu’elle s’impose dans les clubs, la techno finit par alimenter les querelles opposant teufeurs, élus locaux et représentants du gouvernement. Mais à l’heure où sa diffusion massive tend à perdre de vue son pouvoir contestataire, Guillaume Kosmicki garde le souvenir d’une époque où l’on imaginait que la techno pouvait encore « changer le monde ». i-D l’a rencontré.

Source : « on a cru que la techno pouvait changer le monde » – i-D

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